Les verres de lunettes constituent le cœur du dispositif de correction visuelle. Qu’il s’agisse de verres correcteurs ou de traitements de surface, le marché propose aujourd’hui une diversité d’options que le grand public peine parfois à décoder. Cette page offre un panorama éducatif des grandes familles de verres et des traitements usuels, dans une démarche d’information strictement neutre et pédagogique, sans recommandation individuelle. Pour approfondir certains choix de conception notamment la question progressifs versus deux paires de lunettes vous pouvez consulter notre comparatif dédié.

Panorama : types de verres correcteurs & traitements (DM I–IIa)
Les grandes familles de verres correcteurs
Les verres de lunettes destinés à la correction optique se répartissent en trois catégories principales, selon la nature de la vision qu’ils corrigent :
1. Les verres unifocaux
Ce sont les plus simples et les plus répandus. Ils corrigent un seul défaut visuel sur toute la surface du verre : myopie, hypermétropie ou astigmatisme. Le porteur dispose ainsi d’une zone de vision unique, optimisée pour la distance prescrite (vision de loin ou vision de près). Les verres unifocaux sont souvent recommandés aux personnes n’ayant pas encore développé de presbytie.
2. Les verres progressifs
Conçus pour corriger plusieurs distances de vision sur un seul verre, les progressifs intègrent une progression graduelle de puissance : vision de loin dans la partie supérieure, vision intermédiaire au centre, vision de près dans la partie inférieure. Cette conception évite au porteur de jongler entre plusieurs paires de lunettes. Toutefois, la zone utile de chaque distance est réduite et nécessite un temps d’adaptation.
3. Les verres dégressifs (ou mi-distance)
Moins connus, les verres dégressifs offrent une correction optimisée pour les distances intermédiaires et rapprochées, typiquement pour un usage bureautique (écran + documents). Leur progression est moins prononcée que celle des progressifs classiques, ce qui élargit les champs de vision utiles mais limite la vision de loin.
L’Explorateur les types de verres
Pour une présentation interactive et des définitions détaillées, consultez l’explorateur de types de verres.

Les traitements de surface : définition et objectifs
Au-delà du type de correction, les verres de lunettes reçoivent fréquemment des traitements de surface destinés à améliorer le confort, la durabilité ou la performance optique. Voici les principales catégories rencontrées :
| Traitement | Objectif principal | Bénéfices typiques | Limites connues |
|---|---|---|---|
| Anti-reflet (AR) | Réduire les reflets parasites | Meilleure transmission lumineuse, confort visuel accru | Nécessite un entretien régulier, sensible aux rayures |
| Durcissant (anti-rayures) | Protéger la surface du verre contre les micro-abrasions | Longévité du verre améliorée | N’élimine pas totalement le risque de rayures |
| Hydrophobe / Oléophobe | Repousser l’eau et les graisses (traces de doigts) | Surface plus facile à nettoyer | Usure progressive du traitement dans le temps |
| Anti-buée | Limiter la condensation sur les verres | Utile en environnement humide ou avec masque | Efficacité variable selon la formulation |
| Filtre lumière bleue | Atténuer une partie du spectre bleu-violet | Confort revendiqué face aux écrans | Débat scientifique sur l’ampleur des bénéfices réels |
Ces traitements peuvent être appliqués seuls ou combinés. Par exemple, un verre progressif peut recevoir simultanément un traitement anti-reflet, durcissant et hydrophobe.
Explorer les traitements
Pour comparer les caractéristiques de chaque traitement de manière détaillée, rendez-vous sur l’explorateur de traitements.

Comprendre les traitements courants
Anti-reflet (AR)
Le traitement anti-reflet consiste en une superposition de couches minces sur les faces du verre, destinée à réduire la réflexion de la lumière. En pratique, cela se traduit par une transmission lumineuse accrue (jusqu’à 99 % selon les fabricants) et une diminution des éblouissements parasites, notamment la nuit ou face aux écrans. Limite principale : la surface traitée AR est plus sensible aux rayures et aux salissures, d’où l’intérêt de le coupler à un traitement durcissant et hydrophobe.
Durcissant (anti-rayures)
Appliqué en usine, le traitement durcissant renforce la résistance mécanique de la surface du verre face aux micro-abrasions du quotidien (nettoyages, frottements). Il n’élimine pas totalement le risque de rayures profondes en cas de choc violent, mais prolonge sensiblement la durée de vie optique du verre en retardant l’apparition de micro-griffures visibles.
Hydrophobe / Oléophobe
Ces traitements de surface hydrophobe et oléophobe créent une barrière moléculaire qui repousse l’eau (hydrophobe) et les graisses (oléophobe). Concrètement, les gouttes de pluie perlent et les traces de doigts s’accrochent moins. Le nettoyage est facilité, et la vision reste plus claire en conditions humides ou après manipulation. L’efficacité diminue progressivement avec le temps, typiquement après 1 à 2 ans d’usage intensif.
Tableau récapitulatif
| Traitement | Fonction | Durée d’efficacité indicative | Entretien spécifique |
|---|---|---|---|
| Anti-reflet | Réduction des reflets | 2–3 ans | Nettoyage doux, éviter produits abrasifs |
| Durcissant | Protection anti-rayures | Toute la durée de vie du verre | Aucun entretien particulier |
| Hydro/Oléophobe | Repousse eau et graisses | 1–2 ans | Nettoyage fréquent recommandé |

Cas d’usage : lecture de situations typiques (génériques)
Bureau et travail sur écran
Scénario : Une personne passe la majorité de sa journée devant un ordinateur, alternant entre la lecture de documents papier et la saisie sur clavier.
- Type de verre envisageable : Verres dégressifs ou progressifs avec zone intermédiaire élargie.
- Traitements complémentaires courants : Anti-reflet pour réduire les reflets de l’écran, hydrophobe pour faciliter l’entretien, éventuellement filtre lumière bleue selon les préférences individuelles.
- Limites : Les verres dégressifs ne corrigent pas la vision de loin ; si le porteur doit regarder fréquemment au-delà de quelques mètres (réunions, conduite), une seconde paire unifocale ou des verres progressifs peuvent être envisagés.
Extérieur intermittent (sorties, loisirs)
Scénario : Activités en plein air avec alternance rapide entre espaces ensoleillés et ombragés.
- Type de verre envisageable : Verres unifocaux ou progressifs selon l’âge et le besoin en presbytie.
- Traitements complémentaires courants : Traitement anti-reflet pour limiter l’éblouissement, hydrophobe pour chasser les gouttes de pluie ou de transpiration.
- Protections solaires : Pour les lunettes de soleil (équipements de protection individuelle, EPI), le respect des normes CE et des catégories de filtration (0 à 4) s’impose. Lunettia propose un panorama des normes et des usages génériques ailleurs sur le site.
Environnements humides ou port du masque
Scénario : Cuisine professionnelle, sport en hiver, utilisation quotidienne du masque sanitaire.
- Type de verre envisageable : Tout type, selon la correction nécessaire.
- Traitements complémentaires courants : Traitement anti-buée pour limiter la condensation. L’efficacité varie selon la formulation (spray temporaire, traitement d’usine permanent, lingettes).
- Limites : Aucune solution anti-buée n’est totalement infaillible ; une bonne ventilation ou un ajustement de la monture peut compléter l’action du traitement.
Pour aller plus loin
– Verres progressifs ou 2 paires de lunettes : comparatif d’usage
– Anti-buée pour lunettes : panorama des solutions

Termes clés (glossaire DM)
Myopie
Défaut de réfraction où l’image se forme en avant de la rétine. Le sujet voit flou de loin. Correction : verres divergents (puissance négative).
Hypermétropie
Défaut de réfraction où l’image se forme en arrière de la rétine. Le sujet peut voir flou de près et/ou de loin, selon le degré. Correction : verres convergents (puissance positive).
Astigmatisme
Défaut de courbure de la cornée ou du cristallin entraînant une vision déformée ou floue à toutes distances. Correction : verres toriques (cylindre + axe).
Presbytie
Diminution physiologique du pouvoir d’accommodation du cristallin avec l’âge, apparaissant généralement après 40–45 ans. Le sujet éprouve des difficultés à voir net de près. Correction : addition de puissance positive dans la zone de vision rapprochée (verres progressifs, dégressifs ou unifocaux de près).
Addition
Différence de puissance entre la partie supérieure (vision de loin) et la partie inférieure (vision de près) d’un verre progressif ou dégressif. Elle est exprimée en dioptries et correspond au complément nécessaire pour compenser la presbytie.
Base
Orientation prismatique éventuelle du verre, destinée à corriger certains troubles de la vision binoculaire. Elle est rarement prescrite et s’exprime en dioptries prismatiques.
Glossaire détaillé
Pour en savoir plus sur la myopie, consultez notre page dédiée aux lunettes de myopie. Un glossaire interactif est également disponible sur l’explorateur de verres.

À retenir
Points essentiels
- Les types de verres (unifocaux, progressifs, dégressifs) répondent à des besoins de correction visuelle distincts : une seule distance, plusieurs distances, ou distances intermédiaires privilégiées.
- Les traitements (anti-reflet, durcissant, hydrophobe/oléophobe, anti-buée, lumière bleue) améliorent le confort, la durabilité ou la performance optique, sans modifier la correction elle-même.
- Cette page offre une information pédagogique et générique, sans recommandation individuelle ni conseil médical.
Mention légale
Informations à caractère pédagogique, sans valeur médicale
Les contenus publiés sur Lunettia ont pour seul objectif d’informer le grand public sur les caractéristiques techniques et réglementaires des verres de lunettes (dispositifs médicaux de classe I et IIa) et des équipements de protection individuelle (lunettes de soleil).
- Aucun conseil médical : Lunettia n’établit pas de diagnostic, ne prescrit pas de correction et ne formule aucune recommandation personnalisée.
- Aucun acte réservé : Les informations diffusées ne se substituent en aucun cas à une consultation auprès d’un professionnel de santé qualifié (ophtalmologiste, orthoptiste) ou d’un opticien diplômé.
- Cadre réglementaire : Les dispositifs médicaux correcteurs et les EPI solaires sont soumis au règlement (UE) 2017/745 et aux normes harmonisées en vigueur. Pour toute question réglementaire, référez-vous aux autorités compétentes (ANSM, DGCCRF).
En cas de gêne visuelle, de baisse d’acuité ou de question sur votre santé oculaire, consultez un professionnel de santé.
